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le ventre notre deuxième cerveau

Le ventre est l’un des principaux centre énergétique majeur dans les cultures sino-japonaise, hindous, amazoniennes etc…. D’ailleurs nous avons tous un jour ou l’autre employé l’une de ces expressions: « Ne pas digérer un évènement », « se fier à ses tripes », « une émotion qui retourne le ventre », « c’est viscéral » mais sans en saisir toute la justesse.

ventrebis

C’est au cours du 19ème siècle, que fut faite la première découverte de neurones dans nos intestins par Léopold Auerbach, anatomiste allemand. Depuis, de nombreux scientifiques se sont penchés sur ce système nerveux surprenant et ont découvert qu’il existait quantité de neurones dans notre ventre, plus de 200 millions, soit l’équivalent du cortex d’un chat ou d’un chien.

On retrouve au sein du système entérique l’essentiel des neurotransmetteurs du système nerveux central (sérotonine, acétylcholine, noradrénaline, GABA, etc..)

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Nous avons donc un énorme réseau neuronal au sein de notre ventre, mais en plus il semble que les connexions entre ce réseau et le cerveau ayant siège dans la boite crânienne soient étonnamment sommaires.

« En comparaison avec le nombre de cellules nerveuses dans le ventre, le nombre de neurones moteurs qui connectent les deux cerveaux est incroyablement petit », précise le Dr Gershon, spécialiste de la neuro-gastroentérologie. Les deux « cerveaux » feraient donc preuve d’autonomie dans leurs fonctionnements respectifs.

Sans avoir besoin de l’aval du cerveau « crânien », le cerveau ventral semble pouvoir procéder à des actions de son propre chef, et même faire de la rétention d’information. « Contrairement au reste du système nerveux, le système entérique ne suit pas nécessairement les commandes qu’il reçoit du cerveau ou de la moelle épinière.

Et il ne leur envoie pas forcément non plus les informations qu’il collecte. Le système nerveux entérique peut, quand il le choisit, gérer des données que ces récepteurs ont relevées par eux-mêmes, et agir sur la base de ces données pour activer un ensemble d’effecteurs qu’il est le seul à contrôler.
Le système entérique n’est donc pas un esclave du système nerveux central, mais un opposant doté d’un esprit libre »
, poursuit Michael Gershon.

Ce deuxième cerveau se voit confier plusieurs fonctions, dont certaines éminemment vitales.
A commencer par le tri entre bactéries propices ou nocives à notre survie. « Au delà de la digestion et de l’absorption des nutriments, les intestins doivent aussi nous défendre contre l’invasion de bactéries hostiles. (…)
Il est alors logique que l’évolution ait placé un cerveau nécessaire à ces performances primordiales à notre survie à cet endroit-là.
Il faut tellement de cellules nerveuses pour accomplir toutes ces tâches, que si elles étaient contrôlées depuis la tête, l’épaisseur des câbles neuronaux pour toutes ces connexions serait intolérable. Il est plus sûr et plus effectif de laisser les intestins s’occuper de ces affaires », explique le Dr Gershon.

Mais son rôle ne se limite pas à la gestion de la digestion et d’assimilation bactérienne. Des médecins du CHU de Nantes ont démontré qu’une biopsie intestinale peut permettre de diagnostiquer la maladie de Parkinson.

Le système nerveux entérique produit, entre autres, la dopamine qualifiée « hormone du bien-être », et 95% de la sérotonine du corps, neurotransmetteur participant à la gestion de nos émotions dont les fluctuations ont une incidence non négligeable dans les états dépressifs notamment.

Plus encore, ce deuxième cerveau abrite une colonie spectaculaire de bactéries dont l’activité influence notre personnalité, nous rend timides ou, à contrario, intrépides.

S’ouvrent donc des perspectives sur une psyché ventrale.Un cerveau est en capacité d’élaborer des activités psychiques inconscientes. D’ailleurs la plupart de nos fonctions physiologiques sont régulées inconsciemment: la respiration, le rythme cardiaque, la digestion ou la régénération des cellules.
Les complexes neuronaux ont pour fonction de percevoir les signaux sensoriels, d’évaluer ces stimuli en les comparant aux mémoires et schémas acquis, pour des réponses cohérentes et adaptées dites intelligentes.

Les travaux du neurologue Benjamin Libet mettent également en évidence que la perception consciente a environ 0,5 seconde de retard sur l’activité neuronale

Nous commençons donc à agir une demi seconde avant de prendre une décision consciente. (Arrrf! Oui, je sais, ça agace.)

« Puisque le système nerveux entérique peut fonctionner tout seul, nous devons considérer qu’il est probable qu’il ait aussi ses propres névroses », confirme dit Michael Gershon.
Cela expliquerait les somatisations anxieuses telles que les nausées, les trouble du transit, les crampes et le célèbre « noeud dans le ventre ».

Cela éclaire également l’efficacité des massages et techniques de relaxation ou de méditation pour soulager ces troubles. On entrevoit aussi clairement les bénéfices de la pratique de la respiration ventrale qui mobilisant tous les muscles de la zone permet un massage des organes.
Enfin, l’on comprend l’intérêt d’une alimentation saine et digeste qui ne surcharge pas ce cerveau d’activités improductives, exactement comme il est bénéfique de ne pas s’encombrer « la tête » d’idées sombres.

Je vous propose un documentaire de Cécile Denjean pour aller plus loin.

Et pour vous, comment se passe la cohabitation de ces deux cerveaux?

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